Ultimatum de 48h aux sud-africains vivant à Doko: le ministre de l’intérieur et sécurité, M. Crispin Alibu joue à l’apaisement

Le ministre provincial de l’intérieur et sécurité, M. Crispin Alibu est à la tête d’une forte délégation du gouvernement du Haut-Uele depuis ce dimanche 08 Septembre. Accompagné de son collègue de l’économie et finance, Crispin Alibu a ténu une réunion de prise de contact avec toutes les forces vives de la place pour le maintien de la paix sociale menacée depuis le regain de violences xénophobes perpétrées en Afrique du Sud sur les étrangers dont les congolais.
Cette situation ayant été sévèrement critiqué et condamné, des voies se sont levées au sein des organisations de la société civile du Haut-Uele, en particulier au sein de la ligue des jeunes unis pour le développement de Watsa pour fustiger ces actes barbares qui, d’après certaines sources ont fait perdre la vie à plus de 10 congolais vivant en Afrique du Sud. Outre la condamnation de cette xénophobie, M. Lavie Atafo Waro, président de cette structure qui regroupe en son sein toutes les couches de la jeunesse avait fixé un ultimatum de 48h aux sud-africains de quitter la zone d’exclusion de la mine d’or de Kibali, lequel ultimatum a par ailleurs expiré ce dimanche 08 Septembre.
Ce faisant, Crispin Alibu a dénoncé ce qu’il appelle un «vice de procédure» dans le chef des animateurs de cette organisation, qui ne se trouve pas être l’interlocutrice directe de la société Kibali Gold Mines. À clair, le ministre Crispin Alibu reproche à la «ligue des jeunes de Watsa» d’avoir écrit directement à la société Kibali Gold alors que naturellement elle s’adresserait au représentant de l’État congolais au niveau local car elle s’est avancée sur une affaire dont la gestion relève de prérogatives du pouvoir central.
Si le ministre a noté que le regain de violences xénophobes de la semaine dernière n’est qu’une goûte d’eau qui déborde le vase, il prescrit à cet effet la culture de dialogue comme voie de résolution des différends entre les parties prenantes à l’exploitation de la mine d’or de Kibali.

La jeunesse qui au départ a demandé le départ des sud-africains du site minier de Doko au motif que ces derniers sont traités comme des princes au sein de la mine d’or de Kibali, empiétant ainsi les droits des populations locales qui aspirent à l’emploi alors que chez eux, les étrangers sont lynchés. Les participants ont ainsi demandé la prise en compte de revendications de populations locales autour des travaux de l’entreprise Kibali Gold mines.
De son côté le Programme d’Education Civique de l’Université de l’Uélé (PEDUC) et l’Observatoire d’Exploitation des Ressources Naturelles et des Investissements dans le Bassin de l’Uélé (OBERIUELE) ont manifesté leur inquiétude face à une attitude pouvant énerver le climat des affaires dans une province nourrie essentiellement par les activités de Kibali Gold Mines.
« Que des compatriotes soient molestés et tués en Afrique du Sud, cela est inacceptable et demeure condamnable. On ne peut en vouloir aux Congolais qui protestent. Mais que cela puisse donner lieu à des règlements de compte aux sujets sud-africains qui n’y sont pour rien dans ce qui arrive en Afrique du Sud, cela aussi est condamnable. Le PEDUC invite les uns et les autres à la retenue et au recours aux voies pacifiques et légales», tel qu’on peut le lire en cliquant sur ce lien
L’on rappellera que la mine d’or de Kibali est implantée au nord-est de la république démocratique du Congo, précisément en territoire de Watsa. Elle emploie d’après son directeur général, M. Cyrille Mutombo, 93% des nationaux et 7% des expatriés dont les sujets sud-africains.

Antoine Munguetsoni