Réaction sur la xénophobie en RSA: quand l’Abbé Georges Semende, coordonnateur provincial de la société civile du Haut-Uele a manqué l’occasion de se taire. (Édito)

Se joignant à la vague d’indignation à la suite du regain des violences xénophobes en début de la semaine contre les africains noirs vivant en Afrique du Sud, le coordonnateur provincial de la société civile du Haut-Uele aura sorti une réaction fracassante, avec les mêmes effets xénophobes déplorés.
On se souviendra que jeudi 05 Septembre, Me Georges Semende, coordonnateur provincial de la société civile s’est confiée à la presse d’Isiro, chef-lieu de province, pour non seulement condamner les atrocités perpétrées sur les sujets étrangers en séjour en Afrique du Sud, mais aussi et surtout décréter illico un ultimatum de 48h durant lequel tous les sujets sud-africains se trouvant dans les sites miniers du Haut-Uele, particulièrement de Kibali Gold Mines doivent plier bagages et regagner leur pays d’origine; « faute de se voir contraints par des actions citoyennes». Visiblement, l’abbé Georges Semende n’a pas su gérer ses émotions au point de se laisser apporter dans un populisme éhonté qui prône la réciprocité. Certes si la réciprocité engendre le respect vis-à-vis de l’État concerné, il ne demeure pas moins qu’il ne revient pas à la société civile (comme organe de pression ou du moins organe de coordination des organisations non partisanes) d’organiser le refoulement des citoyens qui ont des séjours réguliers sur le sol congolais. Et dans ce cas, les seuls services à avoir droit aux chapitres se trouvent être la direction générale de migration et ainsi que les services de renseignements.
C’est ici de dire que Monsieur l’Abbé, que dis-je, Monsieur le coordonnateur provincial de la société civile du Haut-Uele a prêché la haine contre les sud-africains et de ce fait il a encouragé l’arbitraire qu’il déplore en même temps. Ouf!
Devrait-on lui accorder de circonstances atténuantes parce que notre tout nouveau coordonnateur provincial n’a que quasiment trois petits mois à la tête de cette structure d’appui à la démocratie?
Évidemment parce que il se peut que l’Abbé Georges Semende n’a pas encore compris toutes les fonctions de la société civile. La preuve en est que, celui qui devrait contribuer à construire de ponts entre les positions conflictuelles ou du moins à adoucir les conflits sociaux tend à verser de l’huile sur le feu.
Il ressort de l’ultimatum de 48h accordé aux travailleurs sud-africains de la société Kibali Gold Mines pour «libérer» la province qu’au delà du fait que la société civile n’a ni qualité, encore moins mandat d’ordonner le refoulement des citoyens étrangers qui par ailleurs ont des séjours réguliers motivés par leurs activités professionnelles, M. Georges Semende n’a pas imaginé les conséquences juridiques internationales. Populisme, quand tu nous tiens!
Quel est l’objectif recherché par les initiateurs et qui soient bénéfiques aux initiateurs?
Nous en reviendrons avec d’amples détails.

Antoine Munguetsoni