Haut-Uele: Les médias en ligne peinent à être acceptés comme organes de presse

Vendredi 03 Mai, alors que le monde célébrait la journée internationale de la liberté de presse, les professionnels des médias de Watsa ont également réfléchi autour de l’apport des médias en ligne dans les communautés du Haut-Uele.
L’évolution technologique et l’accès à Internet proposent beaucoup plus de contenu, avec des sujets diversifiés et accessibles à tous. Le 25 Novembre 2017 se lança le coq de l’Est(www.lecoqdelest.net), le premier media en ligne dans la contrée. Quelques mois plus tard, soit au premier trimestre 2018, Oriental info (www.orientalinfo.net) se lance au service de la communauté, puis Le Climat Tropical (www.leclimat-tropical.net) mise en ligne en décembre 2018.
Établies en territoire de Watsa, les informations qu’ils relaient sont lues par une majeure partie de la communauté internaute de la province et de la région.

Se servant des plateformes d’audiences mises en place aux lecteurs (telles que Wattsapp, page officielle facebook, twitter) pour véhiculer leurs informations, ils créent de sujets importants ; faisant l’opinion.

Fournissant au monde d’informations diversifiées sur la province du Haut-Uele avec dess analyses et le développement du sens critique, il sied de noter au passage que ces médias en ligne ont donné goût de lecture à la société dans sa globalité.
D’après le confrère Dieumerci Adubang’o, éditeur du Journal Le Coq de l’Est, ces médias assureraient une couverture biaisée de la réalité politique locale s’ils relayent le seul discours des institutions, en minorant la diversité des opinions,en se concentrant sur la production d’une information de service ou en instrumentalisant les stéréotypes culturels locaux. De ce fait, le journalisme ne participerait pas autant qu’il le pourrait à la vigueur de la démocratie locale.

De l’avis de certains observateurs independants, le web media du Haut-Uele renforcerait même les logiques commerciales et institutionnelles, car d’après des études, le caractère lisse et aseptisé de l’information commercialo-identitaire des nos sites Internet de proximité ferait davantage penser à une “presse magazine régionale de bon aloi respectueuse des institutions” ayant une vitrine en ligne, qu’à un véritable contre-pouvoir agissant dans une dynamique de démocratisation de l’espace public régional.

Cependant, ces sites d’infos en ligne éprouvent d’énormes difficultés liées à l’acceptation comme tout autre organe de presse; certains les considèrent même comme des réseaux sociaux (moins crédibles): facebook, snapchat, instagram, Whatsapp; où chacun peut poster sans contrôle ce qui lui vient en tête.
N’étant rattachés ni à une organisation politique, ni à un lobby, encore moins à un groupe industriel ; ces médias en ligne ont prouvé leur liberté et indépendance de ton en fournissant des informations sans frais répondant aux attentes de leurs lecteurs.
Néanmoins, ils sont confrontés à la difficulté liée au fonctionnement de leur structure.

C’est ici de lancer un appel vibrant aux personnes de bonne volonté, chef d’entreprise, cadres politiques, opérateurs économiques et l’État de soutenir ces oeuvres locales afin de développer cette nouvelle technologie; de soutien qui passerait par la consommation de services d’annonces de ces médias, des partenariats de services et des allégements administratifs qu’ils méritent de la part du gouvernement.

Antoine Munguetsoni