Haut-Uele: D’où viennent les bras de fer entre la chefferie Mayogo-Mabozo et l’Exécutif provincial?

Difficile de répondre exactement à cette question. Cette situation tendue observée depuis un certain temps est au cœur des débats socio-politiques dans la province. En tout cas, les relations entre l’actuel Gouvernement provincial et la Chefferie Mayogo-Mabozo ne sont pas bonnes depuis le changement intervenu à la tête de l’Exécutif provincial par l’élection et l’investiture des Honorables Christophe Baseane Nangaa et Christian Pitanga Mangandro, respectivement Gouverneur et Vice-gouverneur de Province. C’est ça peut-être le noeud du conflit encore persistant observé entre ces deux protagonistes, pour une raison affectivo-politique selon laquelle, l’ancien Chef de l’Exécutif provincial est le gendre chéri de l’influente Chefferie Mayogo-Mabozo. C’est ainsi que dès lors, les relations s’étaient refroidies et peinent à se réchauffer malgré quelques tentatives de conciliation et de rapprochement souvent initiées par le Gouverneur Christophe Baseane Nangaa et son équipe.
Les derniers événements regrettables observés à cet effet sont une illustration des relations froides, voire une guerre sans merci pour des intérêts méconnus et non profitables au grand public.

Il y a peu, le Gouverneur CBN a offert au nouveau chef désigné par la famille régnante de la chefferie Mayogo-Mabozo, une voiture neuve pour sa mobilité administrative. Le bénéficiaire en avait accepté d’abord et remercié de tout son cœur CBN, mais quelques jours après, l’opinion a été surprise d’attendre que la voiture remise au chef est retournée. Le camp Exécutif provincial n’avait peut-être pas bien digéré ce comportement qu’ils ont estimé que ça viendrait d’une manipulation politique, visant à humilier le Gouverneur Christophe Baseane Nangaa.

En réponse peut-être, le Ministre provincial de l’intérieur a signé il y a peu une notification pour l’intérim de la Chefferie qui n’a non seulement enchanté, mais également provoqué l’indignation de la famille régnante de Mayogo-Mabozo, jusqu’à brûler une paillote traduisant leur colère.

La famille régnante a prouvé au ministre de l’intérieur du Haut-Uele une lecture simpliste et superficielle pour un dossier aussi transversal et multi législatif, dont la gestion de chefferies principalement régie par la loi N° 15/015 du 25 Août 2015 fixant les statuts des chefs coutumiers. En clair, la famille régnante de la chefferie de Mayogo – Mabozo fustige la violation les dispositions pertinentes de la loi précitée, particulièrement leurs articles 7 et 12 qui organise l’intérim et la succession.

À Matari (chef-lieu de la chefferie de Mayogo Mabozo) on se demande encore si d’où est venu l’idée d’instituer un mandat d’intérim à posteriori, de surcroît sur un sujet non revêtu d’un quelconque mandat.

En demandant au ministre provincial de l’intérieur, décentralisation et affaires coutumières du Haut-Uele de brandir l’acte principal dûment motivé [entendu qu’une notification est un acte secondaire d’exécution :ndlr], l’acte de désignation de M. Willy Ikilato, (en défaut des actes précédemment cités) la lettre de signalement de vacance à l’autorité compétente pour justifier l’intérim ; la chefferie défie l’exécutif provincial et le renvoie à la lecture de dispositions des articles 15 et 16 de la loi précitée.

Et la suite, demeure perplexe, au point de se demander qui éteindra ce feu entre ces deux entités administratives sensées bien collaborer.
Vivra verra.

Antoine MUNGUETSONI

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